Ce que collecte réellement un moteur de recherche interne

Avant d'aborder la conformité, il faut comprendre ce qu'un moteur de recherche interne collecte concrètement :

Certaines de ces données — notamment l'adresse IP — sont des données à caractère personnel au sens de l'article 4 du RGPD. Leur traitement est donc soumis au cadre réglementaire européen.

Ce que dit la CNIL sur les traceurs et le consentement

La CNIL a publié ses lignes directrices sur les cookies et traceurs le 17 septembre 2020, mises à jour depuis. Ces textes font référence en France pour tout traitement de données via un site web.

CNIL — Lignes directrices cookies et traceurs
Le consentement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. L'utilisateur doit être en mesure de le retirer, à tout moment, avec la même simplicité qu'il l'a accordé.
Source : cnil.fr — Articles 4(11) et 7 du RGPD

La CNIL distingue deux types de traceurs :

1. Les traceurs strictement nécessaires — pas besoin de consentement

Selon la CNIL, les traceurs "strictement nécessaires à la fourniture d'un service de communication en ligne expressément demandé par l'utilisateur" ne nécessitent pas de consentement préalable. Un moteur de recherche interne — qui répond directement à une action de l'utilisateur — peut entrer dans cette catégorie pour sa fonctionnalité de base.

2. Les traceurs analytiques — consentement requis

En revanche, si le moteur de recherche collecte des données pour analyser le comportement des visiteurs (requêtes populaires, taux de clic, sessions), ces données relèvent des traceurs analytiques. Elles nécessitent un consentement ou, dans certains cas, peuvent bénéficier d'une exemption si elles sont strictement anonymisées et non partagées avec des tiers.

Point clé CNIL : La CNIL précise que même les traceurs qui ne nécessitent pas de consentement "restent néanmoins soumis aux principes du RGPD" concernant la minimisation des données et la limitation de la durée de conservation. (Source : cnil.fr/fr/cookies-et-autres-traceurs/regles)

L'adresse IP : une donnée personnelle à traiter avec soin

L'adresse IP est explicitement reconnue comme une donnée à caractère personnel par la Cour de Justice de l'Union Européenne et par la CNIL. Son stockage brut dans les logs d'un moteur de recherche interne est donc soumis au RGPD.

Les bonnes pratiques recommandées pour la conformité :

Hébergement des données : pourquoi la localisation compte

Le RGPD encadre strictement les transferts de données personnelles hors de l'Union Européenne (Chapitre V). Si votre moteur de recherche envoie des données vers des serveurs américains, vous devez vous assurer que des garanties appropriées sont en place.

Depuis l'invalidation du Privacy Shield en 2020 par la Cour de Justice de l'Union Européenne (arrêt Schrems II), les transferts vers les États-Unis sont soumis à des conditions strictes. L'adoption du Data Privacy Framework en 2023 a partiellement rétabli un cadre, mais il reste contesté juridiquement.

⚠️ Risque concret : La CNIL a sanctionné plusieurs entreprises françaises pour des transferts illicites de données vers des serveurs américains, notamment via des outils analytics. De novembre 2020 à janvier 2024, la CNIL a infligé des amendes allant de 5 000€ à 90 millions d'euros pour non-conformité avec les règles sur les cookies. (Source : Baker McKenzie / cnil.fr)

La bannière de consentement : ce qui est obligatoire

Si votre moteur de recherche collecte des données analytiques, votre bannière de consentement doit respecter les exigences CNIL suivantes :

Checklist de conformité RGPD pour un moteur de recherche interne

Voici les points à vérifier avant de déployer ou de conserver un moteur de recherche interne sur votre site français :

SEEKR : conforme RGPD par conception

SEEKR est hébergé à Francfort (UE), hache les IP en SHA-256 avant tout stockage, intègre une bannière de consentement CNIL native et ne partage aucune donnée avec des tiers. Conformité intégrée dès la première ligne de code.

Voir notre conformité RGPD →